LA POTERNE DU BARRI
Tous les caderoussiens et caderoussiennes connaissent bien notre digue qui encercle le village et qui fut construite à la suite de l’inondation mémorable et catastrophique de 1856.
Ce que l’on connait moins bien en revanche ce sont les remparts qui ont préexisté à cette digue
Ils correspondent probablement à une volonté du saint siège en la personne du pape innocent VI qui par lettre datée de 1347 demanda aux villes du comtat Venaissin de bien vouloir se fortifier
Est-ce que les travaux commencèrent à cette époque on n’en sait rien.
Toujours est-il qu’en date du 11 Avril 1364 une délibération du conseil politique ou parlement de la communauté de Caderousse est envoyée au pape Urbain V pour emprunter les sommes nécessaires à la construction des murailles de la ville»
Les archives départementales du duché de Caderousse 2013 Ref 2E9/1240 conservent ce document
L’abbé Blanc dans son livre sur Caderousse nous dit « Ces fortifications dont on peut suivre encore le tracé avaient forme d’un losange. Les premières assises étaient en pierres dures de Courthézon ; les murs que supportaient ces assises, sont encore debout en certains endroits ; mais il est difficile de se rendre compte de leur épaisseur, car ils ont été diminués et surélevés, selon les besoins des habitants qui bâtirent leur habitation sur l’emplacement de l’enceinte. Comme aujourd’hui il n’y avait que deux portes ouvertes dans l’enceinte : la porte de Place et la porte de la route de Mornas, appelée porte de Castellan ; elles étaient munies de pont-levis. Un fossé très profond, et toujours abondamment rempli d’eau, formait une première ligne de défense à la ville. De nombreuses tours protégeaient les fortifications elles-mêmes. Les archives en mentionnent jusqu’à neuf : La tour de Venasque qui était la tour de la citadelle, et qui n’est pas complètement détruite ; elle commandait la route de: Mornas. Il y avait, ensuite, les tours du Médecin, des Crapauds, de Fallat, de Vaton, de la Brune, de l’Hardy, de la Barbusse et de la Mormoironne. »
Que reste-il aujourd’hui de ce système de fortifications?
Outre ces deux issues, Caderousse avait plusieurs poternes à savoir des portes de plus petites dimensions traversant le rempart.
L’une d’elles se trouvait à côté du kiosque des Gramont on en voit encore un des arcs,
une autre se trouvait près de l’ancien tennis dans ce quartier que l’on appelait il n y a pas si longtemps le quartier de la Pousterle, nom occitan de la poterne, et enfin celle quartier Venasque aujourd’hui munie de sa herse reconstituée avec gout par l’architecte, on parle aussi de sarrazine
quant au rempart il est encore visible dans la partie sud du mur des Gramont depuis l’ancien kiosque plus tardif jusqu’à la petite casemate munie d’une meurtrière située face du club des jeunes dans la digue
Et bien sûr dans la partie nord la belle muraille Quartier Venasque qui abrite des salles de gardes voutées dans la maison de Mr Castellano, on retrouve aussi ce rempart à l’ancien Recatti avec quelques meurtrières
Une grande partie de ce rempart que nous avons coutume d’appeler dans tous les villages de Provence, le Barri a donc été détruite. En grande partie à la révolution ou les habitants se sont abondamment servi dans ces carrières faciles pour construire leurs maisons, surtout en pays de plaine privé de pierres
La destruction s’est prolongée au 19 e siècle sous le mandat de François Chandron maire de Caderousse de 1821 à 1830.Une note manuscrite, signée Ch. Millet nous dit : « Ce qui restait des remparts fut entièrement démoli pendant que M. Chandron était maire de Caderousse, vers le milieu du XIX siècle, ce qui fit donner à M. Chandron le surnom de Mangeo Barri. »
